Mathieu Rolland

Photographies

Je suis venu à la photographie par le voyage, et surtout par les premiers voyages que j'ai pu faire dans le sous-continent indien. D'abord le Sri-lanka, puis l'Inde, la Pakistan et le Népal. Dans ces coins de la planète le rapport avec les gens et la photo est très simple. Il permet de faire des rencontres facilement.
Il n’est pas rare de se faire arrêter dans la rue et photographier au milieu d’une famille indienne. Les hommes glissent alors leur bras par dessus votre épaule comme s’ils n’avaient pas vu depuis longtemps cet ami occidental. On rigole, on échange même si les langues ne sont pas les mêmes. La photo est un vecteur idéal pour eux comme pour le voyageur et permet de se rencontrer de se découvrir, d’échanger quelques instants avec celui que l’on ne connait pas. J’aime l’idée qu’il y a des photos de moi dans des albums de photos souvenirs en Inde.
C’est toujours dans cette démarche que j’ai voulu faire des photos. Rencontrer l’autre, ne pas voler l’image de quelqu’un sans qu’il n’ait donné son accord au préalable. Un hochement de tête, un regard permettent de savoir si la personne en face nous laisse faire une photo et la ramener dans mon album photos. Le sous-continent Indien est magique pour cela. C’est en voyageant que j’ai découvert la photographie et c’est comme ça que j’aime la pratiquer.
La vidéo est venue plus tardivement, elle est le prolongement naturel de mon travail de la photographie. J'ai cru pendant un temps que je n'allais être que photographe ou que vidéaste, que je n'avais pas le choix.
Finalement et le plus simplement du monde j'ai décidé que je pourrais être soit l'un soit l'autre voire les deux à la fois. Le principal étant mon amour de l'image.
J'aime l'idée de capter des moments, quels qu'ils soient, de les sublimer si l'envie m'en prend, de les tronquer de ne cacher qu'une partie de ce qu'il se passe. De rendre la réalité la plus brute possible, rendre à l'image ce que l'oeil voit, ce que l'humain perçoit est un défi que j'aime relever dans tous les cas.